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Coup de balai à Rio

Coup de balai à Rio....  Pour nettoyer la plage ?

Non : des balais pour balayer la corruption au brésil

Une vague d'indignation déferle sur le Brésil. Le 7 septembre, jour de l'indépendance du pays, 30 000 manifestants vêtus de noir et arborant des nez rouges de clown ont défilé dans la bonne humeur dans les rues de Brasilia, la capitale. Ce week-end, la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, a été recouverte de près de 600 balais verts et jaunes, représentant les membres du Parlement. Le tout était surmonté d'une immense banderole avec le message "Congrès national, aide-nous à balayer la corruption du Brésil ".

Mardi 20 septembre, plusieurs dizaines de milliers de personnes doivent encore se réunir dans le cœur historique de la "ville merveilleuse". Un appel a en effet été lancé, sur Facebook, par un groupe d'habitants qui a lancé une page "Tous ensemble contre la corruption".

Rio

"La corruption est un sport national qui ronge toutes les sphères de la société", s'emporte Cristiane Ribeira, une des organisatrices de la manifestation. La quarantaine, dynamique et "indignée", elle répète que "l'initiative, citoyenne et non partisane, vise à réveiller la conscience des électeurs, car c'est avec nos votes que les pourris ont été élus". "Nous allons crier haut et fort ce que nous voulons : la fin du vol et de l'impunité", explique Fabricio Leitao, cinéaste de 30 ans qui va manifester en famille.

LES RÉSEAUX SOCIAUX EN PREMIÈRE LIGNE

Fernando Antônio Azevedo, chercheur en communication politique, estime que "dans la lutte pour l'éthique, le peuple brésilien, un des plus présents sur la Toile, utilise désormais une arme redoutable. Les journaux en ligne, les blogs, les réseaux sociaux sont des outils qui démocratisent l'information. Ils facilitent sa circulation, la rendent instantanée et simultanée. Les citoyens expriment et partagent leurs opinions, ce qui favorise le passage à l'action et tend à augmenter la transparence de l'Etat. Et la fronde populaire continue car le gouvernement n'a pas mis en place une politique systématique de lutte contre la corruption".

Au cours des trois derniers mois, quatre ministres ont été contraints de quitter le gouvernement pour malversations financières. Le dernier en date est Pedro Novais, le ministre du tourisme. Il était sur la sellette depuis l'interpellation, mi-août, de plus de trente fonctionnaires de son ministère, tous accusés d'avoir détourné des millions d'euros destinés à la formation de taxis et de serveurs. S'accrochant à son poste depuis des semaines, il a reçu le coup de grâce, il y a quelques jours, lorsque la presse a révélé que le chauffeur de sa femme était payé par le Parlement.

Cette série de scandales a débuté en juin, quand Antonio Palocci, ministre de la "casa civil" – l'équivalent du premier ministre –, perd son poste suite à des accusations de trafic d'influence. Le mois suivant, c'est le ministre des transports, Alfredo Nascimento, qui est mis en cause. Il est impliqué dans un vaste scandale de surfacturation et de détournement d'argent, alors que son ministère est le principal bénéficiaire des fonds destinés à un vaste programme de construction d'infrastructures. Au moment de sa démission, le Parti républicain, dont il est le leader, quitte la coalition gouvernementale.

Le Monde

 

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